Les visages derrière les entreprises présentes au prochain Marché du Village - À la rencontre des entrepreneurs gourmands
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À l’approche du Marché du village du 2 septembre, dont la SADC des Îles est fière présentatrice, nous poursuivons nos rencontres avec les entrepreneurs qui seront présents à l’événement. Cette fois, nous vous invitons à découvrir quatre entreprises du secteur bioalimentaire avec lesquelles la SADC a le plaisir de collaborer.
Derrière chacune de ces entreprises se trouve un entrepreneur avec son propre parcours, ses défis, ses ambitions et sa façon bien personnelle de faire vivre son projet. À travers ces portraits, nous souhaitons vous faire découvrir un peu mieux les personnes qui se cachent derrière ces entreprises et mettre en lumière leur passion, leur créativité et leur contribution à notre communauté.
À L'ABRI DE LA TEMPÊTE — Choisir de continuer, encore et encore
Pour Anne-Marie Lachance, les Îles sont devenues bien plus qu’un lieu de résidence. Elle les fréquente depuis 32 ans et y habite à temps plein depuis 25 ans. C’est sa mère qui lui a fait découvrir l’archipel, mais c’est rapidement le sentiment de bien-être qu’elle y trouvait qui lui a donné envie de s’y établir. La mer, l’horizon, l’air et surtout les gens l’ont convaincue d’y rester.
Il y a maintenant 22 ans, Anne-Marie et son équipe ont démarré À l’Abri de la Tempête avec une idée bien précise : créer leur propre emploi afin de pouvoir vivre aux Îles à l’année. Deux décennies plus tard, elle est toujours aussi passionnée par son travail et par les gens qui l’entourent.
Au fil des années, sa façon d’entreprendre a beaucoup évolué. Anne-Marie se décrit avant tout comme une travailleuse d’équipe. Elle accorde une grande confiance aux personnes qui l’entourent et privilégie les décisions prises collectivement. Pour elle, l’entreprise doit ressembler à ceux et celles qui la composent.
Les dernières années lui ont toutefois demandé beaucoup de courage. Elle a dû composer avec d’importantes épreuves personnelles et professionnelles et a dû, selon ses propres mots, « sauver l’entreprise et la rebâtir ». Elle reconnaît l’importance du soutien qu’elle a reçu de son entourage, de son équipe et de la communauté.
Aujourd’hui, une nouvelle étape s’amorce. Le flambeau est progressivement transmis au sein de l’équipe et Anne-Marie n’est plus impliquée dans les opérations quotidiennes. Elle demeure toutefois présente pour accompagner le développement, soutenir l’équipe et veiller à ce que l’ADN de l’entreprise soit préservé.
Ce qui la rend le plus fière? Voir son équipe heureuse, soudée, motivée et libre d’apporter sa propre couleur à l’entreprise. Et lorsqu’on lui demande si elle a déjà pensé abandonner, sa réponse résume peut-être à elle seule son parcours entrepreneurial : « Toujours depuis 22 ans, je rechoisis constamment de continuer. »

EFFET MER — Deux sœurs, un projet et une première saison intense
Pour Malika et Léa Végiard, l’aventure entrepreneuriale est encore toute récente. À 23 et 25 ans, les deux sœurs font leurs premiers pas dans la gestion d’un restaurant avec Effet Mer. Et elles ne cachent pas que cette première saison est aussi stimulante qu’intense.
Elles savaient qu’être propriétaires demanderait beaucoup de travail, mais elles ont rapidement découvert que gérer un restaurant allait bien au-delà de préparer et de servir des repas. Décisions rapides, imprévus, gestion d’équipe, commandes, ambiance de travail et expérience client : chaque journée apporte son lot de nouveaux apprentissages.
Pour les deux jeunes entrepreneures, apprendre à devenir de bonnes leaders fait partie du défi. Elles apprennent à déléguer, à motiver leur équipe et à créer des liens de confiance. Il y a évidemment des journées où elles doutent de certaines décisions ou se demandent si elles arriveront à tout faire à temps. Mais elles apprennent surtout à se faire confiance et à avancer malgré les incertitudes. Et si travailler avec sa sœur peut parfois représenter un défi, elles considèrent cette relation comme leur plus grande force. Elles se font confiance, se complètent et savent qu’elles peuvent compter l’une sur l’autre. Même lorsqu’elles ne sont pas d’accord, leur objectif commun finit toujours par les rapprocher.
Les Îles font partie de leur histoire depuis longtemps. Elles y viennent depuis qu’elles ont 4 et 6 ans pour passer leurs étés en famille à Gros-Cap et pratiquer le kitesurf. Au fil des années, l’archipel est devenu beaucoup plus qu’une destination de vacances.
Leur parcours professionnel les avait aussi bien préparées à cette aventure. Malika a travaillé pendant quatre ans aux Pas Perdus, où elle a beaucoup appris sur la restauration, tandis que Léa a travaillé à la Crémerie Ô'Glace. C’est d’ailleurs grâce à son passage chez Effet Mer que les deux sœurs ont rencontré les anciens propriétaires et que l’occasion de reprendre le restaurant s’est présentée.
L’été est exigeant, surtout lorsqu’on voit famille et amis profiter de la saison pendant qu’on travaille. Mais pour Malika et Léa, les sacrifices en valent la peine. Elles ont choisi d’écrire ensemble une nouvelle page de l’histoire d’Effet Mer.

CAFÉ DES LUPINS — Créer un lieu de rencontre, une tasse à la fois
Lorsqu’elle est arrivée aux Îles en mai 2022, Juliette Lévesque-Guilbeault avait déjà une idée bien précise en tête : lancer son premier projet entrepreneurial. En partenariat avec le Cirque Éloize, elle a d’abord lancé La Jongleuse, avant de poursuivre l’aventure avec le Café des Lupins, qui en est maintenant à sa troisième saison.
Son parcours est pour le moins atypique. Juliette a étudié dans plusieurs domaines, notamment en graphisme, en création littéraire ainsi qu’en beaux-arts et en histoire de l’art. Des études qu’elle décrit avant tout comme une façon de cultiver son esprit. Son intérêt pour le café et la gastronomie, lui, était bien présent depuis longtemps. À seulement 19 ans, elle s’est rendue à Melbourne, en Australie, reconnue comme l’une des grandes villes du café de spécialité, afin de suivre une formation intensive de barista. Elle a ensuite accumulé près de dix années d’expérience dans le domaine avant de faire le saut en entrepreneuriat.
Pour Juliette, un café représente beaucoup plus qu’un endroit où prendre une boisson. Elle est passionnée par l’idée du « troisième lieu », cet espace entre la maison et le travail où les gens peuvent se retrouver, échanger et simplement être ensemble. Cette vision semble avoir trouvé un écho aux Îles. En seulement quelques saisons, une véritable communauté s’est créée autour du Café des Lupins. Des employés reviennent année après année, une clientèle fidèle s’est développée et, surtout, des liens et des amitiés ont vu le jour grâce à cet endroit. C’est d’ailleurs ce qui procure le plus de fierté à Juliette. Voir les mêmes visages revenir presque chaque jour, savoir que des relations se sont créées autour du projet et que le café est devenu, pour certains, un lieu de rencontre, de connexion et même un refuge.
Juliette se décrit comme une entrepreneure très dévouée à son travail, qui n’a pas peur d’y consacrer de longues heures. Elle aime être sur place, travailler de ses mains et participer concrètement à la vie du café. Son principal défi? Apprendre à déléguer et à laisser certaines choses entre les mains des autres.
Cette saison est toutefois un peu différente des précédentes. Juliette est devenue maman d’une petite fille, Théosie, et apprend maintenant à jongler avec une nouvelle réalité. Dans un contexte insulaire et saisonnier où l’embauche peut parfois être plus complexe, les imprévus font évidemment partie du quotidien. Mais cette nouvelle étape lui apporte aussi de précieux apprentissages. En congé de maternité, elle apprend tranquillement à faire confiance, à lâcher prise et à accepter que tout ne peut pas toujours être parfait.
Des apprentissages qui la font évoluer comme maman, mais aussi comme entrepreneure.

DECKER BOY — Réaliser un rêve et préserver une institution
Pour Jean-Samuel Bénard, revenir aux Îles était une évidence. Après avoir suivi des formations en électricité et en électromécanique et travaillé notamment comme opérateur chez Hydro-Québec et représentant des ventes chez Labatt, il savait qu’il voulait être ici.
En 2025, il a toutefois décidé de franchir une nouvelle étape en reprenant Decker Boy, restaurant bien établi à Fatima depuis plusieurs décennies. Pour lui, cette décision représente la réalisation d’un rêve qu’il a toujours eu : devenir propriétaire de son propre restaurant. La première année a été particulièrement chargée. Entre le restaurant, son travail, sa famille et ses « mille et un projets » qui lui trottent dans la tête, Jean-Samuel a dû apprendre à trouver un équilibre. Avec deux jeunes enfants, l’entrepreneuriat demande certainement une bonne dose d’organisation, mais il semble avoir trouvé une façon de faire fonctionner le tout.
Il se décrit comme un entrepreneur polyvalent, toujours à la recherche de nouvelles idées, mais avec un objectif qui demeure au cœur de ses décisions : que les clients continuent d’apprécier le Decker Boy. Sa force? Sa capacité à gérer et à faire en sorte que tout fonctionne le mieux possible. Sa faiblesse? Le temps. Avec davantage d’heures dans une journée, il aurait certainement encore plusieurs idées à mettre en œuvre!
Mais au-delà des projets et des défis, sa plus grande fierté demeure simple : avoir réalisé son rêve et voir les clients satisfaits de leur nourriture et de leur service. « Ça, c’est la vraie paye! »

Maintenant que vous connaissez un peu plus le visage derrière ces entreprises, nous vous invitons à les rencontrer et découvrir leurs produits le 2 septembre prochain au Marché du village.
Une belle occasion de faire le plein de saveurs et de trouvailles locales!
Par Katherine Wanamaker




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